Louis François Pierre LOUVEL de JANVILLE

dimanche 19 novembre 2017
par  Francis RENOUT
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Louis François Pierre Louvel de Janville

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Qui a déjà entendu parler de cette variété de pomme de terre élaborée par Louis François Pierre Louvel de Janville sur ses terres à Eterville, village de 240 habitants, à 8 km de Caen ? Je n’ai pas de date exacte mais ce fut certainement vers la fin du XVIII ème siècle.

Qui était ce personnage qui, malgré ses fonctions, aimait la vie paisible de la campagne ?

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Louis François Pierre Louvel de Janville est né à Paluel, paroisse du Pays de Caux, le 17 juillet 1743.Il est le fils de François Louis Emery, écuyer et seigneur de Janville et de Marie Thérèse Geneviève L’Herbette. Il est certainement né au château de Janville, construit vers 1610 par Jean Louvel, conseiller-secrétaire du roi en la chancellerie du parlement de Rouen et anobli par lettres patentes de décembre 1576.

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Janville

En 1759, âgé de 16 ans, il se destina à une carrière militaire .Mais son caractère se prêtant peu à l’activité des armes, il quitta celle-ci pour une carrière dans la magistrature. Il avait obtenu une lieutenance au régiment de Bretagne.

En 1769, d’abord conseiller au parlement de Rouen, il devint ensuite président de la cour des comptes en 1776. Choisi pour présider à Caen une commission spéciale pour juger les faux sauniers et les contrebandiers, il remplit cette tâche pénible avec prudence, modération et humanité. Le ministre de l’époque lui reprocha sa trop grande indulgence.

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En 1789, le 14 février, il se maria à Eterville avec Marie Pierre De Tournebu, née en 1725, fille de Jacques, chevalier, seigneur du Mesnil-Eudes, et de Claude Philippe Michèle Du val de Bonneval.

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Marie Pierre de Tournebu avait épousé en premières noces Pierre-François-Jean-Baptiste de Bernières, seigneur de Mondrainville, chevalier de Saint-Louis. Cette union avec une épouse plus âgée de 18 ans, amena Louis François à se fixer à Caen. Ils n’eurent jamais d’enfants.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_de_Tournebu

Pendant la révolution, Louis François remplit les fonctions de membre du conseil général du Calvados et de maire de la ville de Caen du 29 mars 1797 (9 germinal an V) au 23 avril 1798 (3 floréal an VI). Administrateur des hospices, il s’occupa à rétablir l’ordre, la propreté, l’aisance et la salubrité dans ces lieux.

Pendant le temps libre que lui laissaient ses fonctions, il fut auteur de quelques poésies ; mais son plus grand plaisir fut de se consacrer à l’agronomie sur ses terres d’Éterville. De toutes ses terres, c’était celles qu’il préférait. A la campagne, Louis François ne menait pas une vie oisive de châtelain, mais s’occupait d’agriculture.

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Il entreprit avec succès la propagation des fruits d’une qualité supérieure ; mais ce fut à la pomme de terre qu’il consacra tous ses soins. Après quelques expériences, il obtint une variété d’un goût exquis qu’il répandit dans toute la campagne environnante et qui portait son nom dans cette région du Calvados.

D’autre part, ses liaisons avec M. Devaux lui avaient inspiré de l’intérêt pour les plantes. Il avait élaboré un herbier considérable.

Il lègua en 1806 la terre et le château de Tournebu à un cousin, Jean Jacques Luc Edmond de Foucault (1764-1846), garde du corps du roi, capitaine de cavalerie, chevalier de Saint-Louis.

Il se disposait à publier un ouvrage sur les plantations, ses observations sur la vigne et sur les abeilles, lorsque la mort vint le frapper à Eterville le 29 juillet 1808. Son épouse le suivra deux ans plus tard.

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On se souviendra que faire le bien était devenu pour lui une habitude. Il allait visiter les indigents dans tous les endroits où il avait des propriétés. Il distribuait du pain, des médicaments, du bois pour construire une maison et bien d’autres choses.

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Comme il n’avait pas d’enfants, il était devenu le père de tous les pauvres. A son décès, il fut regretté par tous les habitants de Tournebu, de Janville, de Livet et d’Eterville.

F,Renout
Sources : notices de Pierre Aimé Lair (1809) , biographie des contemporains de 1823 et archives départementales
Tableau : linieres et saint-andre-goule-d’oie


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