Le bâtier

lundi 18 septembre 2017
par  Francis RENOUT
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Métier d’autrefois : bâtier

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On connaît mieux ce métier sous le nom de bourrelier ou sellier. Ceux-ci étaient très présent dans le Pays de Caux et dans les provinces Françaises autrefois.

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C’est dans les villages de Normanville et d’Angerville la Martel que j’ai découvert ce métier sur des actes concernant la famille Roussel, famille dont je vous raconterai l’épopée un peu plus tard.

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Au fil du temps :

Le métier de bourrelier est très ancien. Il serait apparu en France au IVème siècle. En 1268, les statuts de la corporation indiquent qu’ils sont "faiseurs de colliers à cheval et de dossières de selle et de tout autre manière de bourrellerie". A partir de 1400, chaque apprenti peut devenir maître après avoir accompli son chef-d’œuvre, en l’occurrence, un harnais complet. Plus tard, la corporation se divisa en bourrelier (dans les campagnes) et sellier (plus citadin).
Avec l’apparition des machines, les chevaux ont disparus de nos campagnes et, avec eux, le bourrelier s’est éteint. Aujourd’hui, le métier ne subsiste plus que pour les chevaux de monte.

Le bâtier est un artisan qui fabrique et vend des bâts destinés à équiper les bêtes de somme : ânes, chevaux, bœufs. A la campagne, les bâtiers ou bourreliers sont nombreux dans les régions de forte agriculture (Nord, Beauce,...) où les bêtes de somme, chevaux mais aussi bœufs et âne, leur procurent amplement du travail.

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Le bâtier travaillait aussi bien le cuir que la laine et les grosses toiles. Il fabriquait et réparait tout le matériel comme les licols, les harnais, les capotes, les bâches, les tabliers et les besaces des éleveurs et utilisateurs de bovins et d’équidés qui étaient les moyens de locomotion et de travail de la terre. Il pouvait aussi fabriquer des matelas et autres accessoires.

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Un bât est un dispositif permettant le port de lourdes charges par les mammifères quadrupèdes que je viens d’énumérer.

Traditionnellement fabriqué en bois, il est généralement monté sur deux arçons dont la forme épouse le dos de l’animal qui est protégé par deux coussins de paille entourés de toile. Le bât est fixé grâce à une sangle de cuir ajustable serrée sur son ventre. Deux autres sangles passant sous la queue et le cou servent à éviter glissement du bât et de la charge vers l’avant ou l’arrière. L’angle d’ouverture du bât, la précision du sanglage, le dispositif de matelassage sont destinés à éviter les blessures par frottement.

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Des accessoires spécifiques pouvaient être utilisés tels des arceaux en fer pour le transport du bois de chauffage ou de sacs. Ces arceaux étaient insérés dans un trou creusé au bas de chaque montant. Des arceaux analogues repliables pouvaient être fixés à demeure de chaque côté du bât. Il existait aussi des paniers pour charges spécifiques, des outres adaptées ou encore des cacolets pour le transport des personnes. Une corde de 6 à 8 mètres était enroulée en réserve autour des X d’arçon (Armature de la selle, formée de deux arcades, le pommeau et le troussequin, reliées entre elles) de façon à bloquer la charge si nécessaire.

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Suivant sa taille un âne bâté peut transporter de 50 à 90 kg (bât compris) de charge en terrain raboteux mais pas pentu. Un mulet, de 90 à 160 kg (bât compris). Il est indispensable que l’animal ait été dressé préalablement par un entrainement spécifique, ce dressage peut durer des mois dans le cas du mulet.

Il existe de nombreux types de bâts plus ou moins résistants. Un bât qui permet le transport d’une personne assise à la manière d’une selle est appelé un bât-selle. Un système de cordes, courroies et tortoirs permet d’assujettir et équilibrer la charge sans qu’elle bouge sur l’animal. Le poids d’un bât traditionnel varie de 12 à 20 kg.

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On connaît l’expression : « C’est là que le bât blesse » , c’est là que se trouve le problème. L’expression apparaît dès le milieu du XVe siècle en référence aux bâts que l’on posait sur le dos des mulets. Les bêtes dont le bât était mal fixé ou trop chargé avaient des plaies qui les faisaient souffrir. Dire « c’est là que le bât blesse » revient donc à dire que l’on a trouvé la cause d’une souffrance (psychologique en général), le point sensible d’une personne, ou un problème en général.

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La matière :

La principale matière travaillée par le bourrelier est le cuir de bœuf ou de vache qui, lorsqu’il est de bonne qualité, est le plus résistant. Pour certaines pièces, il utilisait parfois le cuir de mouton. Le bourrelier devait aussi utiliser différents tissus, toiles caoutchoutées, moleskine. Pour fabriquer les colliers, il devait également travailler le bois et utiliser des clous, rivets, ferrures et autres pièces de métal, ainsi que de la bourre (poils d’animaux ou fillasse de chanvre) - d’où le nom de ce métier.

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On trouve aussi le bourrelier, sellier celui-là, dans les bourgs et villes où les chevaux de trait et de selle sont plus nombreux, notamment à partir du XVIIIème siècle avec le développement de la diligence, des carrosses et autres malles-postes.

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L’outillage :

Le bourrelier utilisait un couteau mécanique avec une réglette pour découper des lanières de cuir. Pour les coutures, une molette ou roulette équipée d’une roue crantée permettait de tracer la ligne de couture. L’alène perçait les trous, puis la couture proprement dite était effectuée avec des aiguilles de différentes tailles. Le travail était peaufiné à l’aide du formoir et du lissoir.
Le bourrelier utilisait également le couteau à pied, aussi appelé guillotine, pour la mise en forme et l’affinage du cuir, ainsi que des outils plus classiques tels que compas, marteau et emporte-pièce, pinces et tenailles.

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L’art du bourrelier :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k10671826

Bourrelier de nos jours :

http://www.lamontagne.fr/petite-marche/2016/08/14/bourrelier-un-metier-a-fleur-de-peau_12034640.html

A Tocqueville en Caux se trouve un lieu nommé le bois bâtier et un sentier aux ânes ! Je ne connais pas le lieu.

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Le sellier :

Le sellier est celui qui fabrique des selles et ouvrage de sellerie comme harnais, coussins, garnitures pour voitures. Il peut être sellier-maroquinier, sellier-bourrelier, sellier-harnacheur, sellier-garnisseur. Il a donné son nom à un point qui permet d’obtenir des coutures très fines.


F,Renout

sources archives départementales et divers


Documents joints

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