François Antoine Henri DESCROIZILLES

vendredi 7 juillet 2017
par  Francis RENOUT
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Saviez-vous que l’inventeur de la "cafetière à filtre" était cauchois ? Plus exactement Dieppois ?

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François Antoine Henri Descroizilles est né le 11 juin 1751 à Dieppe, paroisse Saint Jacques, fils de Philippe et de Marie Marthe Gouen. Il deviendra Apothicaire comme le furent ses ancêtres et surtout célèbre chimiste.

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En effet, son père François (° à Dieppe le 20/9/1707 - Dieppe D :le 17/3/1783), est installé Place Royale, dans l’officine qu’ont tenue, depuis 1639, ses père, grand-père, et arrière-grand-père. François père avait suivi des cours à Paris, ceux de Claude-Joseph Geoffroy (le jeune) et de Bernard de Jussieu. Il est herborise et s’intéresser aux plantes et aux animaux marins rapportés par les pêcheurs.

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C’est donc tout naturellement qu’il se prend de passion pour ce métier dans lequel il était bercé depuis son enfance. Il peut donc, tout à loisir, s’initier à la fabrication des onguents et élixirs dans l’officine paternelle. Il se forme sous François-Guillaume Rouelle, dont il est préparateur et il est reçu apothicaire en 1778. Il est successivement professeur de chimie élémentaire et appliquée à Rouen et secrétaire du Conseil général des manufactures à Paris.

D’esprit curieux, inventif, il s’exerçe en divers travaux variés. Certains d’entre eux contribueront à l’essor industriel de sa région natale.

Il achete alors une boutique, rue du Gros-Horloge à Rouen. Mais, inventeur avant tout, il laisse libre cours à son imagination. Il est ainsi le créateur du premier phare à éclipses de France. L’idée lui en vient, un soir de 1783. Revenant de Versailles en compagnie de M. Lemoine, maire de Dieppe, il remarque que le vent agite les arbres de l’avenue et que leurs feuillages interceptent par intermittence la lumière des réverbères : « On pourrait construire des phares qui s’éclipseraient ainsi. Le nombre de révolutions en un temps donné indiquerait au navire le point où il serait. » Quatre ans plus tard, en 1787, il inaugure son premier phare à éclipses à Dieppe.

En 1788, il donne surtout un grand essor à l’industrie rouennaise en procédant au blanchiment des toiles par le chlore. On lui doit aussi, l’alcalimètre, et la possibilité de connaître la valeur vénale exacte des vins à distiller. Il suggére d’éteindre les incendies avec des produits chimiques (extincteurs)

Entre autres découvertes, on lui doit celle de l’alambic-filtre à café. En 1802/1803, un jour qu’il reçoit chez lui, à Lescure-lès-Rouen, Chaptal et Fourcroy, avec lesquels il est en relations suivies, ceux-ci s’étonnent de la qualité de son café. Descroizilles leur montre alors sa « caféolette », un cylindre de fer blanc portant à la base un filtre empli de café moulu, sur lequel on verse l’eau bouillante. Sans le savoir, notre pharmacien normand vient de rendre un grand service aux amateurs de café ! Car, avec cette découverte, c’en est bien fini de l’insipide breuvage que l’on connaissait.

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Pour info, La première cafetière bouilloire, apparut vers 1700.

Il est donc l’inventeur de la cafetière à filtre (dite cafetière du Belloy, nom du neveu de l’archevêque de Paris, qui en organisa la diffusion dans la capitale). François Descroizilles est en fait le véritable inventeur de la percolation. C’est l’invention de la cafetière filtre, dans laquelle l’eau passe au travers de la mouture (percolation), qui va triompher et permettre enfin d’apprécier le café dans toute sa plénitude.

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Cette cafetière spectaculaire, datable du Premier Empire, témoigne du changement opéré dans la préparation du café, que l’on offrait à ses invités dans le salon, après le repas. Autrefois, plusieurs ébullitions étant requises, il fallait faire le café à l’avance, en cuisine, et l’apporter au salon dans une cafetière d’argent. Désormais, après 1803, le café peut aussi être préparé au dernier moment, devant l’assistance, ou directement à table lorsqu’on est en famille. L’objet, prévu pour une douzaine de tasses, a conservé ses deux filtres internes. Un réchaud à alcool prend place dans la base afin de tenir la boisson aussi chaude que possible.

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Histoire de la cafetière : http://www.aicmc.fr/cafeolette.php

Autrefois, avant l’invention de cette cafetière, en Normandie, l’eau du café était remplacée par du calvados.

Histoire du café : http://compilhistoire.pagesperso-orange.fr/cafe.htm

Si l’inventeur de la cafetière à filtre était Dieppois, le premier navigateur ayant planté des caféiers en Martinique l’était aussi.

Une plaque de marbre et un médaillon apposés en 1847 sur le mur de l’actuelle pharmacie de la Place Nationale à Dieppe, rappellent que c’est dans cette maison qu’il naquit.

Il mourut pauvre et oublié, le 15 avril 1825, à Paris.

F,Renout

Sources : Archives départementales, Nicole Richet et autres


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