Un cauchois inhumé sur la côte de Louisbourg

mercredi 14 juin 2017
par  Francis RENOUT
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Les archives départementales fourmillent de richesses généalogique et historique que l’on découvre souvent au hasard de recherches.

Ce fut le cas avec Adrien Robert, un cauchois, né le 29 août 1727 à Sassetot le Mauconduit, village situé sur la falaise entre les plages des Petites Dalles et des Grandes Dalles, dans le Pays de Caux.

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Adrien était fils de Jacques Robert et de Marie Gillet mariès le 15 juillet 1721 à Criquetot le Mauconduit. Lui-même se maria le 24 février 1753 à Saint Pierre en Port avec Catherine Bertot, fille de Louis Bertot et de Marguerite Lhommet. De ce couple naquit, je pense, un seul et unique fils : Adrien le 3 mai 1756 à Saint Pierre en Port.

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En fin de registre des années 1755 à 1759, on trouve une dispense de mariage au 3 et 4 ème degré concernant le mariage entre Jean Bretel, veuf en secondes noces de Françoise Robert, et Catherine Bertot, veuve Adrien Robert.Cette dispense fut établi à Rouen par Monseigneur l’Archevêque Dominique de la Rochefoucault.

En allant regarder l’acte de mariage, on y trouve mentionné qu’un acte notarié du 13 septembre délivré par le notaire d’Angerville la Martel, précise qu’Adrien Robert, marinier, est décédé « à l’isle de Louisbourg, au service du Roi », comme quoi, on s’aperçoit que tous nos ancêtres n’étaient pas sédentaires.

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Autre fait intéressant, on retrouve aussi le procès verbal de sept pages, en date du 13 septembre 1759, établi par François Jacques Durand, notaire royal au bailliage de Cany pour le siège d’Angerville la Martel, relatant l’épopée d’Adrien Robert.

Suivant les témoignages des sieurs Robert Letellier, Jacques Ferrant, Charles Allais et Jean Baptiste Robert, tous mariniers, domiciliés au hameau de Boulleville à Saint Pierre en Port, qui ont prêté serment de dire la vérité, ceux-ci ont déclaré qu’environ vers le 3 ou 4 octobre 1757, ils ont vu Adrien Robert, malade dans l’hôpital du navire « le Défenseur ». Celui-ci, étant décédé de maladie contagieuse après avoir reçu les saints sacrements, fut transporté par plusieurs matelots et inhumé en terre le lendemain, au pied de la côte, à une demi-lieu de Louisbourg.

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Pourquoi était-il sur ce vaisseau et que faisait-il à cet endroit ?

Louisbourg est une ancienne ville située sur l’île royale dans la province de la Nouvelle Ecosse au Canada. Fondée en 1713, la ville est ensuite choisie par le gouvernement français pour y bâtir une grande forteresse chargée de défendre l’entrée du Canada par le fleuve Saint-Laurent.

La place connaît une certaine prospérité, mais elle est perçue comme une grave menace pour la sécurité de la Nouvelle-Angleterre. Prise une première fois en 1745, elle est rendue à la France en 1748, avant d’être définitivement ruinée lors de la guerre de Sept Ans, en 1758. Elle cesse d’exister en tant qu’entité autonome en 1760, pour ensuite renaître huit ans plus tard sous l’appellation anglicisée de Louisburg.

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Quand au vaisseau « le Défenseur », celui-ci faisait partie d’une escadre de neuf vaisseaux et de deux frégates partis de Brest, envoyés par le roi de France le 3 mai 1757, sous les ordres du comte du Bois de la Motte, pour défendre Louisbourg de l’attaque des anglais.

http://faculty.marianopolis.edu/c.belanger/quebechistory/encyclopedia/Emmanuel-AugustedeCahideuccomteDuBoisdeLaMotte.html

Ce conflit appelé « la guerre de 7 ans » est le premier à être qualifié de guerre mondiale. Il dura de 1756 à 1763. Au Canada, cette partie du conflit porte le nom de Guerre de la Conquête .

La guerre de Sept Ans débute lorsqu’une force formée de Français et de Premiers Peuples expulsa des colons britanniques de la vallée de l’Ohio, en 1754. Cet affrontement local se transforma vite en guerre mondiale. À partir de 1755, la Grande-Bretagne et la France envoyèrent des milliers de soldats professionnels en Amérique du Nord.

Un an plus tard, les hostilités s’étendaient jusqu’en Europe et les deux nations se déclaraient officiellement la guerre. En 1759, elle faisait rage en Afrique, en Asie, en Europe, en Amérique du Nord et dans les Caraïbes, et Québec fut assiégée par une flotte et une armée britannique.

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Le conflit s’est éteint quand la France et la Grande-Bretagne signèrent le traité de Paris, en 1763. Il résultait de cette guerre une victoire écrasante de la Grande-Bretagne qui faisait de ce pays la principale puissance coloniale du monde.

La guerre de Sept Ans et la conquête du Canada par la Grande-Bretagne mirent fin à 150 ans de conflits entre Français et Britanniques en Amérique du Nord.

Voir tout le détail dans le lien ci-dessous :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Sept_Ans

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Quelquefois, on ne retrouve pas de trace du décès de nos ancêtres. S’il n’y avait pas eu remariage de la veuve d’Adrien Robert, nous n’aurions certainement jamais su que celui-ci était décédé et inhumé dans cette lointaine contrée du monde.

F,Renout
Sources : actes sur archives départementales et divers


Documents joints

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