Le rouettier

mardi 31 janvier 2017
par  Francis RENOUT
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Voici un métier d’autrefois rencontré lors de recherches sur la famille Boust à Sotteville sur mer dans le Pays de Caux dans les années 1770 / 1790.

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Sotteville sur Mer, village du Pays de Caux, s’est primitivement installé dans l’ancienne forêt qui couvrait cette région, la forêt d’Arelanum. Jacques Eudes fut seigneur de Catteville et de Sotteville sur Mer ainsi que capitaine général de la capitainerie de Saint-Aubin. Il y avait 4 à 5 fois plus d’habitants qu’à notre époque ; 375 feux environ.

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Cette famille Boust installée depuis 1740 à Sotteville sur Mer, originaire de la Chapelle sur Dun, exerça les métiers de tonnelier, rouettier puis tourneur sur bois pendant plus d’un demi-siècle.

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Mais quel est donc ce métier de Rouettier et en quoi consiste t-il ?

On trouve diverses explications mais la plus plausible c’est que celui-ci fabrique des roues mais peut être aussi aussi des charrettes, coches , voir carrosses. Dans ce lieu de campagne, je penserais plutôt aux charrettes qu’utilisaient les paysans.

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Ce métier est distinct de celui du charron ; il est plutôt analogue au royer. sous l’effet des accents locaux, le royer se transformait parfois en rouier, rouyer, roier, roiller, rouettier

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Réaliser une roue de 50 cm de diamètre nécessitait de façon cumulée environ une journée de travail. L’opération parfois étalée sur plusieurs semaines comprenait le cintrage des bois courbes, la préparation des composants de la roue à rayons et du moyeu, le calage des rayons dans les mortaises du moyeu grâce à la masse, l’assemblage des pièces en bois en roue, le ferrage de la roue ou cerclage de la jante. La roue devait résister à la charge brinquebalée par le véhicule, et surtout aux trépidations des routes cahoteuses lors des trajets.

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Et quel était le lien de ce métier avec le tonnelier ou le tourneur sur bois ?

L’atelier comporte différents postes de travail. Sur le mouillet, c’est-à-dire son établi spécifique, un lourd châssis de bois, il peut tracer les ébauches de moyeux, finir les moyeux percés de mortaises, fabriquer les éléments de jante ou préparer d’autres pièces nécessaires.
La selle ou trépied est un billot de bois, portant un axe en son centre pour recevoir et maintenir la roue en cours de façonnage.
Le jantier est un étau adaptable permettant de regrouper les jantes afin d’y percer les mortaises.
Le tour à bois est soit actionné au pied soit par le chien du charron se mouvant dans une roue spéciale.

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Autre poste de travail, l’endroit rempli de divers tonneaux ou aménagé en fosses où le charron cintre à l’eau ou à la vapeur les pièces de bois. Par contre, l’opération complète de cerclage métallique de la roue, nommée embatage, nécessite un foyer à l’air libre et une plaque d’embatage et des cales pour fixer préalablement la roue.

L’artisan utilise aussi quelques différents tonneaux ou billots de bois aménagés en supports de roues en réparation ou en fabrication. Il place souvent les pièces à l’horizontale pour les examiner attentivement.

Sur Goderville, rouettier fut un nom de famille ; ce nom est plutôt rare.

F.Renout
Sources diverses


Documents joints

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