François Georges MUSTEL

vendredi 6 janvier 2017
par  Francis RENOUT
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François Georges Mustel et l’introduction de la pomme de terre

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François Georges Mustel est né à Rouen le 11 août 1719 et est décédé au même lieu le 3 octobre 1803 à l’âge de 84 ans................

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Capitaine des dragons de la Légion royale, chevalier de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis. sa carrière militaire lui a permis de "voir du pays" : l’Allemagne, les Flandres ou l’Alsace où il prit part aux combats qui ont embrasé notre pays et une partie de l’Europe pendant la guerre de 7 ans de 1756 à 1763. Il ne quitta sa carrière militaire qu’à la paix en 1763.

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Parmi les nombreux souvenirs que MUSTEL avait rapportés de ses campagnes militaires, et notamment de la guerre de sept ans, l’un d’entre eux détermina l’avenir de notre militaire retraité : celui de la pomme de terre. Il disait :
" Il n’y a point de Militaire qui ne sache combien ce légume a puissamment contribué à la subsistance de nos armées en Allemagne. Les soldats et même les officiers en mangeaient dans leurs soupes, apprêtées de différentes façons. Il n’y avait guère de feux aux gardes de nos armées où les soldats n’en fissent cuire pour les manger toute la nuit. "

Agronome de formation, rentré chez lui en Normandie à Rouen, au quartier Saint Sever sur la rive gauche, il décida de se consacrer à sa passion l’agriculture et surtout à la culture de la pomme de terre dont il gardait des souvenirs de ses campagnes militaires. Il s’employa à faire jouir sa patrie d’un bien dont il avait reconnu les avantages.

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Résumé de l’histoire de la pomme de terre :

Cultivées dans les Andes dès 2000 ans avant J.C. et probablement plus tôt, les "Papas" ne furent découvertes par les Européens qu’à la fin du XVè siècle, avec le continent américain. Ce sont logiquement les Espagnols qui JPEG - 450.5 ko introduisirent cette plante en Europe au début du XVIè siècle. D’Espagne, elle passa en Italie, puis aux Pays Bas, en Autriche, en Allemagne, en Suisse et dans l’Est de la France (Dauphiné) où elle est connue dès la fin du XVIè siècle. A la fin du XVIè siècle, elle est communément utilisée en Italie et en Allemagne dans l’alimentation humaine et surtout animale.

http://tempsreel.nouvelobs.com/sciences/20161122.OBS1589/qui-a-domestique-les-premieres-pommes-de-terre-des-archeologues-auraient-la-reponse.html

Connaissant la répugnance des normands pour cette plante tubéreuse, François Georges Mustel va s’employer à la cultiver entre 1765 et 1766, la récolter, l’étudier, faire des recherches, les approfondir sans oublier de communiquer sur ses résultats. Il publie en 1767 avec un franc succès un « Mémoire sur les pommes de terre et sur le pain économique » dans PNG - 474.3 ko lequel il expose sa méthode pour obtenir une bouillie de pommes de terre utilisable dans la fabrication d’un pain comprenant 1/3 ou 1/2 de farine de froment dont le coût de revient est inférieur à celui du pain ordinaire. Non seulement il vante les qualités PNG - 417 ko gustatives de son pain, mais surtout il n’omet pas de souligner son intérêt économique ! Dès lors, la demande ne va cesser d’augmenter et Mustel va s’employer à organiser la production des pommes de terre en grandes quantités.

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Ce n’est que 4 ans plus tard, qu’Antoine Augustin Parmentier, né le 12 août 1737 à Montdidier et décédé le 17 décembre 1813 à Paris, pharmacien, agronome et nutritionniste entra en scène. Il poursuivit les recherches du normand Mustel, par contre ses premières récoltes furent réalisées 23 ans plus tard en 1788. Antoine Parmentier le qualifia de « premier Apôtre des pommes de terre en France, connu par d’excellents ouvrages » mais c’est lui qui obtint la reconnaissance royale avec son expérience de culture de la pomme de terre à grande échelle dans la plaine des Sablons en 1786 alors que Mustel regretta de n’avoir eu, en tant que pionnier, qu’une carrière locale.

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François-Georges Mustel tenta de dénoncer le vol de ses idées, en 1779, dans une lettre à l’Intendant de Rouen :

« J’ay sçu qu’un M. Parmentier sonne le tocsin à Paris, pour se dire seul, l’unique auteur de pain de pommes de terre, et cela, dit-il parce qu’il fait du pain avec la pomme de terre sans farine (…). Cet homme m’a écrit annuellement depuis dix ans pour me demander différents éclaircissements sur mes opérations (…). Cet homme me met donc dans la nécessité de le juger de mauvaise foy et de le regarder comme un intriguant qui veut s’approprier mon travail et surprendre le gouvernement pour en tirer quelque avantage. On sçait combien j’ay travaillé à ce sujet et tout le zèle que j’y ai mis. Il le sçait mieux qu’un autre, puisque je lui ay communiqué des détails particuliers dont il profite aujourd’huy »

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Si en France, à la fin du XVIIIe siècle, on estime à 45 km² l’espace consacré à la culture de la pomme de terre, un siècle plus tard, en 1892, on atteint les 14 500 km².

Une rue de Rouen porte son nom.

http://www3.chu-rouen.fr/NR/rdonlyres/CCA002DA-2A99-40B5-9F86-E401783F84FC/0/1995_feltgen.pdf

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Ses publications :

Mémoire sur les pommes de terre et sur le pain économique, lu à la Société royale d’agriculture de Rouen, Rouen : chez la Ve Besongne et chez Machuel, et Paris : chez Saillant, 1767, in-8° ou in-12, 51 p. ; éd. en 1769 ; autre éd. en 1793, même lieu ; annonce dans le Journal économique, juillet, novembre 1768 & décembre 1769 (on cite, dans le second article, les noms de MM. de la Michodière et de Crosne, avec qui Mustel a fait ses expériences, en Normandie, près de Rouen)

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On lui doit aussi un Mémoire sur la culture des pommes de terre (Rouen et Paris, 1770), une Recherche sur l’économie rurale et le Traité théorique et pratique de la végétation ou Expériences et démonstrations sur l’économie végétale et la culture des arbres (Rouen et Paris, 1781-1784).

F. Renout

Sources diverses dont le journal de Rouen


Documents joints

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