Catherine Pochetat, femme soldat, héroïne à la révolution

mardi 12 mai 2026
par  Francis RENOUT
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Les femmes pendant la révolution française:où étaient-elles ? Que faisaient-elles ? Qu’en était-il des femmes du peuple ? A cette époque, elles représentent 98 % de la population. Elles assurent un rôle d’épouse, de mère et de travailleuse. Pendant la révolution, une majorité de femmes participe massivement au actions collectives en se situant à l’égal des hommes.

Qui sont les femmes qui ont fait la révolution :

https://www.associationfrancaisedufeminisme.fr/2020/07/14/printemps-et-ete-1789-qui-sont-les-femmes-qui-ont-fait-la-revolution/

Femmes soldats dans les armées de la révolution :

https://shenandoahdavis.canalblog.com/archives/2014/02/12/29192686.html

Si le temps à conserver la trace de centaines d’hommes ;des femmes, en revanche, il ne reste que quelques noms. Connaissez-vous Catherine Pochetat ? Je vous rassure, je n’avais jamais entendu parler d’elle non plus jusqu’au jour, où cet été, nous sommes allés, mon épouse et moi-même, en vacances en côte d’or, plus précisément à époisses. Au détour d’une rue, je me trouve nez à nez avec une plaque commémorative où il est écrit :

« Dans cette maison est née, le 31 janvier 1770, Catherine Pochetat, femme soldat, sous lieutenant des armées de Napoléon I, décédée le 4 janvier 1828 ».

Sa maison natale est située actuellement an N° 23 de la rue du puits salé, à Epoissote. Celle-ci a bien changé depuis 250 ans.

Au retour, j’ai voulu en savoir plus et j’ai commencé quelques recherches.

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Biographie de Catherine Pochetat :

Catherine Pochetat est née à Epoissotes, hameau d’Epoisses, le 31 janvier 1770. Ses parents sont André Pochetat, marguillier, et Françoise Le Nief, maris le 17 mai 1763. Catherine avait un frère René né le 28 juillet 1764, et deux sœurs Marie Louise née le 27 juillet 1766 et Anne née le 18 janvier 1774. En 1784, âgée de 14 ans, elle devient orpheline de père.

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Le village d’époisses :

A la révolution, époisses est un village de 1100 habitants, connu pour son fameux fromage, dont l’origine remonte au XVI ème siècle. Son château médiéval du VI ème siècle, flanqué de grandes tours et entouré de douves, fut celui du roi de Bourgogne, lorsque la Bourgogne était un royaume. Il est au centre d’une double enceinte enserrant des maisons du XV ème siècle, une église et un colombier. La période de la révolution a été dificile pour les propriétaires du château. Depuis le XVII ème siècle à nos jours, il appartient à la famille de Guitaut.

https://chateaudepoisses.com/chateau-d-epoisses-et-la-revolution/

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Evénements de l’époque :

Le 11 juillet 1792, un décret annonçait que la patrie venait d’être déclarée en danger et faisait un appel au dévouement de tous les citoyens. Un assez grand nombre de femmes, prenant à la lettre le nom de citoyen qu’elles revendiquaient pour elles, au même titre que les hommes, répondirent à cet appel. L’histoire a conservé le nom de trente deux de ces femmes.


Son histoire en tant que femme soldat :

A 22 ans, le 2 août 1792, elle s’enrôle dans l’armée révolutionnaire, sous des habits d’hommes, dans la compagnie de canonniers de la section des enfants rouges, et fut incorporée, avec elle, au bataillon de Saint Denis. Elle s’y distingua comme canonnière, ainsi qu’il en résulte des certificats qui lui furent délivrés à l’époque. Le 10 août, elle dirigea les canons qui ont foudroyé la tyrannie. Dans cette compagnie, ce bataillon ne compte que deux femmes :Catherine Pochetat et Marie Louise Félicité Duquet.

Les bataillons de première réquisition, créés par la loi du 23 août 1793, eurent également dans leurs rangs quelques femmes seulement, qui cachaient leur sexe, à cause des décrets du 30 avril, qui les excluent du service militaire.

Le capitaine Landrin certifie et atteste que la citoyenne Catherine Pochetat s’est enrôlée dans la dite compagnie et qu’elle s’est principalement signalée aux combats des 4,5, et 6 novembre 1792, en qualité de premier servant de gauche et second servant de droite. Ces faits mentionnés ci-dessus ont été vérifiés par le lieutenant colonel La Boulvaine, le 8 décembre de l’an I.

En récompense de sa bravoure, Catherine fut nommée sous lieutenant d’infanterie dans la légion des Ardennes. Quoique attachée au 2 ème bataillon, elle demanda pas à le rejoindre. Elle demeura au 1er bataillon et sera blessée à la retraite de Belgique, les 1 et 22 mars 1793. Elle obtint le 13 avril 1793, l’autorisation de venir à Paris. Elle y séjournera quelques jours seulement et repartit munie d’un passeport du ministre de la guerre, daté du 24 avril 1793.

Voici ce que dit ce passeport :

« Au nom du peuple français, à tous les officiers civils et militaires, chargés de maintenir l’ordre public dans les différents départements de la république et de faire respecter le nom français chez l’étranger:laisser passer librement la citoyenne Catherine Pochetat, âgée de 22 ans, taille de 5 pieds deux pouces, yeux gris bleus, cheveux et sourcils châtains, nez pointu et petit, bouche petite, front couvert, visage plein, sous lieutenant dans l’infanterie des Ardennes, allant rejoindre son corps à Lille, sans lui donner, ni souffrir, qu’il soit donné aucun empêchement. Le présent passeport n’est valable que douze jours. Donné à Paris, le 24 avril 1793, l’an II de la république. Signer:l’adjoint du ministre de la guerre, 6 ème division. Xavier Audouin ».

Catherine Pochetat arriva à Lille le 27 avril. Le 29, elle allait avec l’autorisation du général Lamarnière, prendre les ordres du général en chef Dampierre ; mais dès le 9 mai, elle faisait viser son passeport pour rentrer à Paris. Le 22 mai, un nouveau passeport était établi pour partir le lendemain à destination de Valenciennes, mais il fut annuler et Catherine demeura à Paris.

Bien qu’atteinte par la loi qui excluait les femmes de l’armée, Catherine fière de son grade, veut malgré tout rester à son poste.

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Catherine avait été blessée à Jemmapes, où elle a aidé le 71 ème régiment , ci devant vivarais, à repousser le régiment de Cobourg. Son cheval fut tué sous elle, au massacre d’Aix la Chapelle, véritable qualificatif de la bataille d’Aldenhoven, le 1 mars 1793 et à la montagne de fer le 22 mars 1793. La convention nationale accordait par décret du 26 juin 1793 une pension de 300 livres à Catherine Pochetat. A ce moment, Catherine habite à Paris, section de Grailliers. En 1800, cette pension fut convertie n solde de retraite de 530 frncs.

Retour à la vie civile :

A sa rentrée du service, Catherine Pochetat se marie avec Claude constant Dumas. Elle établit un restaurant à l’entrée de la rue de Belleville, à l’enseigne : « A l’héroïne française ». Après avoir fait d’heureuses affaires, catherine est décédée à Belleville, boulevard des couronnes, au N° 4 bis, le 4 janvier 1828, âgée de 58 ans. Elle laissera à son mari tout le profit de la communauté qui comprenait trois maisons d’une certaine importance.

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Un fils du frère de Catherine, Jean Pochetat, vivait encore à Epoisses en 1883, dans la maison de ses ancêtres. Il avait alors soixante ans, mais ignorait l’existence de sa tante.

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En début d’année 1905, Mr Gaston Testard émet le vœu que la commune dédie une plaque commémorative à cette héroïne. Le maire d’Epoisses explique les motifs qui rendent ce vœu actuellement irréalisable.

Francis Renout
(Administrateur cgpcsm)

Sources ;

Edmont Hennet (la nouvelle revue-mars/avril 1919)
Les volontaires nationaux pendant la révolution
Bulletin de la société des sciences historiques et naturelles de Semur en Auxois (1/01/1905)
Archives départementales de côte d’Or (actes)
Archives de Paris
Arcives parlementaires (26 juin 1793)


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